Famiglia e Procreazione umana


 

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Conseil Pontifical pour la Famille, Rome, 2006, Libreria Editrice Vaticana, pp. 185-198

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Famille et procréation humaine », commentaire de Mgr Anatrella (II)Document « Famille et procréation humaine »

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ROME, Mercredi 28 mai 2008 (ZENIT.org) - « Un enjeu de la procréation l’enfant a besoin d’un homme et d’une femme qui sont ses parents », affirme Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des Conseils pontificaux de la famille et pour la pastorale de la santé.

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« Un enjeu de la procréation « c’est le titre du commentaire de Mgr Tony Anatrella dans le document du Conseil pontifical de la Famille intitulé « Famille et procréation humaine », (in « Famiglia e Procreazione umana », - Libreria Editrice Vaticana, pp. 185-198).

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Les deux derniers ouvrages publiés par Mgr Anatrella sur le thème de cet article sont : Le règne de Narcisse, Presses de la Renaissance (Paris) ; Époux, heureux époux, Flammarion (Paris).

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Dans son introduction, Mgr Anatrella indique que « le document ‘Famille et procréation humaine’ (2006) du Conseil pontifical pour la famille est un instrument de travail qui cherche à faire le point sur les divers déplacements idéologiques qui se sont produits ces dernières années à la suite de nombreuses découvertes scientifiques qui ont entraîné l’apparition de nouvelles techniques favorisant ou empêchant la conception des enfants. Ce document a le mérite de mettre en perspective les enjeux anthropologiques, sociaux et moraux sur le devenir de la procréation ».

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Dans la première partie de son commentaire, intitulée « Les conditions de la conception de l’enfant », Mgr Anatrella tord le cou à des idées reçues en disant d’emblée : « L’Église n’a jamais remis en question la légitime régulation des naissances, mais elle s’est toujours montrée critique à l’égard des moyens utilisés et de la mentalité qu’ils développent » (cf. Zenit du 27 mai 2008).

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Dans la seconde partie de son commentaire, intitulée : « L’enfant a besoin de la famille composée par un homme et une femme qui sont ses parents », Mgr Anatrella aborde les questions du « principe de la différence sexuelle », des « principes d’humanisation et de différenciation psychique », des « problèmes de filiation à venir » et de « l’adoption d’un enfant en dehors du couple homme/femme » : « ce serait contraire à ses intérêts », avant de poser la question : « Avoir deux papas, deux mamans ? »

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Besoin de la famille faite d’un homme et d’une femme, ses parents

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Une nouvelle idée aujourd’hui souvent promue vole en éclat : « Des mouvements idéologiques influencent des décisions politiques en soutenant l’idée que toutes les situations affectives, puisqu’elles existent, doivent être légalisées, chacun devant disposer des mêmes droits au nom du principe de l’égalité des citoyens devant la loi. On confond ici ce principe d’égalité avec des situations qui ne sont pas de même nature ni de même qualité », fait observer l’auteur.

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Il n’hésite pas à faire observer qu’il serait « mal venu de reprocher à quiconque ses tendances intimes ou la situation particulière dans laquelle il se trouve », mais pour ajouter : « Tel n’est pas le problème ici. Si l’homosexualité a toujours existé et existera toujours, cela ne veut pas dire que l’on puisse redéfinir le couple, le mariage, la filiation et la famille à partir d’une tendance sexuelle. Or actuellement, les responsables politiques sont prêts à céder à des revendications dans le mépris de l’intérêt général ».

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Autre cas de figure : « De la même façon, le foyer monoparental a toujours existé à la suite de différentes péripéties dans l’existence d’un homme et d’une femme, comment prétendre en faire une réalité qui servirait de modèle à la société alors que, chacun sait bien, et en premier lieu les personnes concernées, que la référence est ailleurs ».

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Enfin, il interroge : « Est-il raisonnable de laisser entendre que l’on puisse remettre en question le modèle parental classique, voire que des couples ne sont pas toujours un gage de bonheur et d’équilibre pour l’enfant, sous prétexte notamment du nombre élevé des divorces ? »

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Il invite à ne pas raisonner à partir des limites humaines en disant : « Les problèmes de communication et les conflits entre hommes et femmes font parfois partie des âges de la vie de cette relation. Cela n’invalide pas pour autant le fait qu’ils soient les mieux placés pour être des parents ».

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Il invite aussi à ne pas « idéaliser un duo de personnes de même sexe et leur sensibilité », ce qui « ferait croire que leur style de vie serait bénéfique dans le cas, entre autres, d’une adoption ».

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Il réaffirme « le rôle fondateur que représente un couple formé par un homme et une femme et qui sont père et mère pour l’enfant ».

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Quelles ont donc les « conditions psychologiques de la filiation à partir de laquelle l’enfant se construit et la société s’organise » ?

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Le principe de la différence sexuelle

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« L’enfant, répond Mgr Anatrella, ne peut devenir un sujet et se développer affectivement que dans la mesure où il est confronté personnellement à la différence des sexes dans sa vie familiale.

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Pour structurer son désir, l’enfant a besoin de se repérer dans cette différence et, s’il n’est jamais facile d’intégrer sa masculinité ou sa féminité, ce sera pour ainsi dire encore plus compliqué si l’enfant vit dans un contexte homosexuel avec deux personnes de même sexe que l’on divise artificiellement en « parent » biologique et en « parent » social. Cette division inauthentique crée, à long terme, de la confusion dans la psychologie de l’enfant et rend floues ses représentations parentales ».

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Il précise : « Dans le cas d’un couple formé par un homme et une femme, on conçoit l’autre avec un autre ; dans le cas d’un duo de personnes de même sexe, on voudrait « faire » un autre avec du même. Dans ces conditions, comment l’enfant peut-il être reconnu et accepté pour lui-même comme un autre sujet ? »

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« « L’homoparentalité », fait-il observer, est un néologisme qui laisse entendre que l’on pourrait être parent à partir d’un seul sexe. Comme est-ce pensable et possible ? La société et l’enfant ont besoin de l’association et de la complémentarité de la différence sexuelle et non pas d’une monosexualité ».

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Plus encore, Mgr Anatrella fait observer que « le désir d’un enfant conçu sans sexe est une fantaisie qui repose sur un fantasme au cœur de la psychose, c’est-à-dire de la « déréalité » de l’engendrement humain. Il manifeste le déni de la différence sexuelle, le rejet de la sexualité procréative et l’exaltation d’un désir asexué de l’enfant. Il n’y a que dans les contes de fées que les enfants sont conçus sans l’intermédiaire d’une expression sexuelle ».

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Les principes d’humanisation et de différenciation psychique

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Mgr Anatrella rappelle cinq « règles d’humanité à respecter pour qu’un enfant se construise psychologiquement et développe intérieurement son lien sexuel ».

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Tout d’abord, écrit-il, « L’enfant intègre mieux l’interdit de l’inceste dans un couple générationnel. Il peut se reconnaître dans son identité et à sa place : je suis une fille, je suis un garçon, et plus tard je serai un homme comme papa et une femme comme maman ».

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Ensuite, il souligne que « l’acceptation de la différence sexuelle est l’une des premières limites que l’enfant rencontre ». Il en souligne les aspects positifs pour la structuration de l’enfant : « Elle permet le développement d’une pensée qui tient compte des vérités objectives. Elle est inscrite sur le corps. Si je suis un garçon, je ne peux pas être une fille et réciproquement. Donc je ne suis pas tout à moi tout seul ».

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Ainsi, fait remarquer Mgr Anatrella, « remettre en cause la différence sexuelle revient à faire croire à l’enfant que tout est possible : il s’inscrit dans la toute-puissance magique qui abolit le sens des limites ».

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Or, ajoute-t-il, « le sentiment de toute-puissance est handicapant, il empêche d’accéder à ses propres capacités ».

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Il demande : « Au lieu de croire que tout est possible, ne convient-il pas de reconnaître que nous devons rendre possible seulement ce qui est souhaitable ? »

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« Le masculin et le féminin ne se construisent pas dans l’abstrait, explique encore Mgr Anatrella. C’est à partir d’un homme et d’une femme que l’enfant le perçoit à travers son corps et sa vie psychique. Les militants de « l’adoption » homosexuelle l’oublient en faisant abstraction du corps sexué et de la conception sexuelle de l’enfant ».

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« En allant plus loin, au nom du transsexualisme, on prétend qu’un homme peut se comporter en femme et une femme en homme. Les choses ne sont pas aussi simples car le problème du transsexuel est d’être désarticulé entre son corps et son psychisme », ajoute l’auteur.

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Il évoque la théorie du « gender » selon laquelle, dit-il, « on prétend que l’identité sexuelle du sujet est une construction sociale et qu’elle procède surtout de l’orientation sexuelle ».

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Il répond par ce diagnostic : « Il y a ici une confusion entre l’identité qui, répétons le, est un donné de fait que le sujet va progressivement intégrer dans sa vie psychique, et des orientations sexuelles qui, elles, sont le résultat du remaniement ou pas des pulsions primitives de l’enfance. Dans le meilleur des cas, il y a une articulation entre l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle. Mais lorsqu’une tendance sexuelle est recherchée pour elle-même, en contradiction avec l’identité de fait, elle traduit un conflit intrapsychique. Dans un mouvement de rationalisation défensive, on fabrique une idéologie (le gender) qui érige les orientations sexuelles en nouvelles identités sexuelles. Il faudra sans doute du temps et des drames pour, qu’une fois de plus, on comprenne le caractère irréaliste d’une telle vision de la sexualité humaine ».

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Troisième règle : « L’enfant a besoin que sa mère soit une femme et son père un homme. Chacun est ainsi situé dans la différence et permet à l’enfant de se différencier subjectivement et de trouver sa place dans la filiation, dans la succession des générations et dans son identité sexuelle ».

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Et d’expliquer : « La mère accepte qu’elle n’a pas « fait » toute seule l’enfant, elle a besoin de l’homme pour le concevoir et l’enfant n’est pas son objet. Le père accepte de ne pas l’avoir porté et renonce à jouer à la mère. Il y a la place pour un tiers -de sexe différent - qui différencie la mère de l’enfant et l’enfant des parents ».

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Quant à la croissance de l’enfant, l’auteur précise : « Il va s’appuyer sur son père pour se détacher de sa mère. L’enfant sait qu’il n’est pas le tout dans le désir de la mère et qu’elle désire un autre, le père qui est d’un autre sexe. Il en va de même chez le père qui désire sexuellement son épouse, la mère de son enfant. L’enfant est dans une relation ou il y a un tiers, il n’est pas dans un vis-à-vis unisexué ».

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Quatrième condition : « La différence sexuelle permet au père d’occuper sa place comme porteur de la loi puisqu’il est étranger à la relation mère/enfant. Pour cela, il est nécessaire que la mère accepte qu’il prenne sa place et qu’il intervienne, mais qu’il ait aussi une vraie place et soit reconnu par la mère comme ayant « quelque chose » qu’elle n’a pas (une place, un pouvoir, un sexe). C’est parce qu’il est le porteur d’une différence que le père est situé comme un autre. Ce qui permet à l’enfant de réaliser qu’il n’est pas tout-puissant. Il est soumis aux limites et aux lois ».

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Enfin, cinquième observation : « La différence sexuelle permet également à l’enfant d’accepter son identité sexuelle en s’identifiant au parent de même sexe.

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- Il se sent homme comme son père, femme comme sa mère.

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- Il découvre l’autre sexe à travers ce qu’il sent du désir de ses parents. Il est difficile pour le garçon d’aimer une femme, s’il ne sent pas que son père aime les femmes et réciproquement pour la fille.

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- L’enfant a besoin d’être soutenu par le parent de même sexe et d’être ouvert à l’altérité par le parent de l’autre sexe ».

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Mgr Anatrella explique que « le corps sexué des parents et le désir qui circule entre l’homme père et la femme mère est décisif pour comprendre de quel désir sexuel l’enfant est né ».

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Dans le cas d’adoption, il précise : « Il est important que les enfants adoptés le soient dans les mêmes conditions que les autres enfants nés entre un homme et une femme ».

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Or, « dans l’homosexualité, l’enfant est en dehors de l’intimité du champ corporel des adultes qui s’occupent de lui, il ne procède nullement de leur vie sexuelle puisque celle-ci est dans l’incohérence de la procréation ».

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« La situation sera toute différente dans le cas d’un enfant adopté par un homme et une femme qui représentent un couple générationnel, même si leur sexualité est inféconde. Ils sont dans l’altérité sexuelle dont l’enfant a besoin pour se développer », précise l’auteur.

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Des problèmes de filiation à venir

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(à suivre)

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