N’attendez pas trop longtemps pour avoir un enfant



François Olivennes - Ed. Odile Jacob - 2008 *


De plus en plus de couples consultent aux alentours de la quarantaine parce qu’ils ne peuvent pas avoir d’enfant. Or, c’est un spécialiste de la fertilité ayant fait ses classes auprès du professeur Frydman qui le rappelle : malgré tous les progrès accomplis par la médecine, celle-ci ne peut pas garantir aux femmes ayant passé les 35 ans qu’elles parviendront à avoir un enfant.


Certes, "une femme de 40 ans est aujourd’hui une femme jeune, dont l’espérance de vie est de plus de 83 ans" , écrit le gynécologue obstétricien. Pour autant, la fertilité, elle, baisse progressivement entre 35 et 40 ans, puis chute ensuite. Pour une raison simple : à partir de ces âges charnières, "la qualité ou le stock des ovocytes est altéré". Elle est là, la grande différence entre l’homme et la femme : tandis que le premier fabrique des spermatozoïdes tout au long de sa vie, sa compagne, elle, naît avec un stock d’ovocytes prédéterminé. Dès lors, il est facile de comprendre que lorsque le stock est épuisé, la médecine ne peut plus faire grand-chose. Et si telle ou telle patiente a en mémoire le souvenir d’une amie qui, elle, a eu un enfant à 40 ans passés, ce ne peut être que l’exception qui confirme la règle.


Par ailleurs, avec l’âge augmentent les atteintes de l’ovocyte, elles-mêmes responsables d’anomalies chromosomiques du fœtus. Et l’âge de l’homme ? Serait-il indifférent ? S’il reste beaucoup moins déterminant que celui de la femme, de récentes études tendent à montrer que la fréquence des anomalies chromosomiques chez les enfants est plus importante quand le père a plus de 50 ans. Le vieillissement peut aussi engendrer des problèmes sexuels.


Bref, ce livre est un plaidoyer clair et sans appel pour des conceptions qui ne soient pas trop tardives. Une réflexion, aussi, sur les raisons qui poussent nos contemporains à différer la réalisation de leur projet parental. "Alors que pendant des siècles les couples devaient avoir une démarche active pour que les rapports n’entraînent pas de grossesse, aujourd’hui c’est le contraire qui se produit", observe-t-il. Les naissances sont de plus en plus programmées. Un tas de considérations rationnelles amènent à différer la venue de l’enfant. Parmi elles, l’idée selon laquelle "il faut vivre sa vie avant d’avoir des enfants". "Cela revient à penser qu’avec l’enfant, la vie sera moins quelque chose : moins conviviale, moins festive, moins enrichissante, moins tournée vers l’extérieur…, écrit l’auteur. C’est oublier que l’on peut passer de merveilleux moments avec un bébé, un enfant et même un adolescent." Une invite à oublier les idées reçues et à laisser parler le petit grain de folie qui permet au désir d’enfant de s’exprimer.


Source : 1er avril 2008 (La Croix -MARIANNE GOMEZ)