Né de spermatozoïde inconnu



Arthur KERMALVEZEN - Les Cahiers du CCNE - Presse de la Renaissance - n° 55 - 2008 - p. 34 *


L’auteur évoque une blessure intime : conçu par insémination artificielle avec donneur (IAD), et le sachant depuis sa naissance, il n’a pas accès à ses origines génétiques. Ainsi le veut la loi qui impose l’anonymat aux donneurs de sperme. Arthur est donc contraint de mettre son histoire personnelle sur la place publique pour faire avancer le débat sur le droit d’accès aux origines. Renvoyé constamment à ce qu’il appelle "l’étrangeté de soi-même" - même s’il a une vie de famille épanouie -, l’auteur tire la sonnette d’alarme pour les parents concernés par l’assistance médicale à la procréation, s’interroge en profondeur sur les motivations des couples infertiles en demande d’enfant et sur celles des donneurs de sperme. Il s’insurge surtout contre l’institution médicale qui détient les données dont il a besoin pour se construire. Abus de pouvoir ou défaut d’information ?

Son objectif comme porte-parole de l’association PMA (Procréation médicalement anonyme) : obtenir, lors de la révision des lois de bioéthique en 2009, la levée de l’anonymat des donneurs. N’en déplaise à l’institution que Serge Tisseron compare dans un article final à la Castafiore ! Le témoignage d’une vie vécue à moitié qui se fait plaidoyer pour que chacun puisse tout simplement savoir d’où il vient.