Pilule, sexe et ADN, trois révolutions qui ont bouleversé la famille



Evelyne Sullerot - Fayard - 2006 *


Les regrets d’une co-fondatrice du Planning Familial


Dans son ouvrage, la sociologue Evelyne Sullerot, co-fondatrice du planning familial, retrace les trois révolutions qui ont bouleversé la famille : la pilule, la libéralisation sexuelle et la découverte de l’ADN.


Elle montre comment, après la guerre, le couple est devenu une entité à part entière, détaché de la famille. On croyait au sentiment amoureux, à la complémentarité de l’homme et de la femme, le "vrai couple" incarnait le bonheur. Avec la pilule, la procréation s’est dissociée de la sexualité. La révolution sexuelle au lieu de renforcer le couple, l’a fragilisé : "le culte du plaisir immédiat l’a emporté sur le désir d’avenir et d’accomplissement par les enfants".


Evelyne Sullerot explique que la réflexion sur les conséquences du divorce des parents sur les enfants est en France un sujet tabou. Les résultats des enquêtes, nombreuses en Suède et dans les pays anglo-saxons, ont été minimisés par les "ex-soixante-huitards". Elle rappelle qu’aux séances du Haut Conseil de la population et de la famille, lorsqu’elle parlait des "familles éclatées" on la reprenait : "on dit : familles libérées".


Pour elle, la révolution génétique va redonner un sens à la filiation mettant ainsi un frein à la revendication du "droit à l’enfant" des femmes célibataires ou des couples homosexuelles. La révolution génétique va satisfaire le droit des enfants à "connaître leurs origines", et va réintroduire la fonction paternelle dans la famille.


Evelyne Sullerot revient sur les débuts du planning familial : "nous voulions libérer et responsabiliser les femmes, et favoriser l’harmonie dans les couples et la famille" et elle observe le dérapage du mouvement féministe vers "la guerre des sexes entraînant la négation du couple et l’élimination des pères". Le mouvement nous "a échappé", déplore la co-fondatrice du planning familial, "les féministes sont allées trop loin, elles se sont construites dans la haine et la victimologie" ne parlant que de leur volonté d’avorter. Pour Evelyne Sullerot, la contraception était "le « remède » contre le « mal » qui était l’avortement. J’étais contre le fait d’en faire un droit". Elle regrette que l’avortement soit devenu une "contraception-bis", "un droit à détruire". -