Les Trois médecins



Martin Winckler - Editions Pol - 2005 *


Le praticien déclare ainsi qu’il "adore voir des médecins… à la télé. Enfin, pas ceux de la télé française, parce qu’ils sont trop caricaturaux, représentés comme des êtres supérieurs, une élite à la science infuse qui ne se trompe jamais. […] A l’opposé, les Anglo-Saxons prennent le parti d’être très réalistes, et montrent le monde tel qu’il est, choquant, sanglant, inconvenant, révoltant". Martin Winckler remarque qu’en France, "on nous demande d’être clivés, d’un côté l’homme et de l’autre le médecin… C’est très schizoïde. En Angleterre, aux Etats-Unis, les professeurs vous disent que lorsqu’un patient meurt, c’est dur, que c’est normal de ressentir du chagrin et de la colère et qu’il faut en parler sinon vous décompenserez un jour".


Par ailleurs, l’écrivain "fustige les médecins qui utilisent leur statut pour asseoir un pouvoir" et qui "font passer leur intérêt professionnel avant le bien-être de leur patient".


Martin Winckler estime que "le pouvoir du médecin en France est exorbitant. C’est le seul pays, par exemple, où il a le droit de décider du traitement d’un enfant à la place des parents". Pour le praticien, "les études de médecine brisent les étudiants pour mieux les incorporer dans un système de pensée féodal. […] Ce qui compte, ce sont les titres de noblesse dont se dotent les spécialistes, les professeurs. […] La faculté de médecine est aux mains des spécialistes, qui trop souvent ne voient et n’enseignent que l’organe qui les préoccupe. Ces patrons, nommés à vie, cumulent un triple pouvoir sur la recherche, le soin, l’enseignement », déclare Martin Winckler.