Les derniers moments de la vie



TETTAMANZI card. D. - coll. Nouvelle Bioéthique Chrétienne - Paris - Salvator - 2004 - 280 p.


Traduit de l’italien, cette œuvre panoramique sur la bioéthique nous offre les réflexions de longues années de travaux de l’a. avant et durant son service épiscopal.


L’a. a participé de près à la rédaction de deux encycliques importantes : Splendor veritatis (1993) et Evangelium vitae (1995). Cet ouvrage (un des 4 publiés en français) aborde le thème de la mort dans le monde contemporain. Le livre aborde d’abord la question des greffes d’organes (c.1). Les développements bio-médicaux sont décrits sobrement et clairement.


Un parcours législatif nous informe des conditions italiennes de don d’organes et d’opérations licites. L’énoncé des principes éthiques est explicité : vérification honnête de la mort des donneurs potentiels, liberté et gratuité du consentement, expression de la charité par le don d’organes. Pour le receveur, des rappels déontologiques classiques sont indiqués.


Le critère fondamental reste le respect en tout de la dignité de l’homme et de son statut différent dans l’ordre de la création. A cette lumière, l’a. promeut des recherches pour la xénogreffe et montre les ambiguïtés et les limites des greffes de cerveau et des organe sexuels. Au c.2, l’acte de mourir est défini en fonction de la dignité d’enfant de Dieu qu’est tout homme. L’accompagnement de cet acte est mesuré par sa destinée éternelle.


Des critères objectifs sont donnés pour éviter l’acharnement thérapeutique. Les questions de l’alimentation et de l’hydratation chez les patients malades terminaux sont traitées avec précision et réalisme. L’accompagnement est décrit dans ses dimensions spirituelles et de solidarité humaine. Une mission exigeante et un beau visage du médecin se dégagent de ces passages : il est le spécialiste des "derniers moments". Quand il ne peut plus traiter, il est appelé à demeurer auprès de celui qui meurt et à l’aider dans le respect de sa dimension transcendante. L’euthanasie (c.3) présente un nouveau visage dans une culture qui "nie" symboliquement, socialement la mort personnelle et n’a paradoxalement plus de goût pour la vie et pour sa promotion.


Une clarification s’impose à travers les multiples définitions de l’acte euthanasique. La donnée objective n’est-elle pas "le visage monstrueux d’un amour qui tue" ? L’a. rappelle fort à propos - et dans un langage accessible - ce que signifie le caractère "sacré" de la vie et il donne des critères éthiques pour juger les actes humains posés en "fin de vie". Il montre finalement l’injustice d’une légalisation de l’euthanasie et ses effets délétères, particulièrement sur la relation médecin-patient. Soulignons l’utilité des annexes qui contiennent de nombreux documents de référence sur les "engagements du médecin" et des "documents de déontologie et d’éthique médicale". Ces chartes, codes et recommandations issues d’instances variées en Europe, sont un instrument précieux pour tous. Ils permettront d’évaluer l’importance des débats et leurs évolutions dans nos sociétés. Alain Mattheeuws s.j.