Faire des enfants demain

jeudi 5 juin 2014


Jacques Testart - Éditions du Seuil - 2014 - 205 p.


Le biologiste Jacques Testart "de gauche et athée" livre ses inquiétudes sur l’évolution vers un "eugénisme doux, invisible et démocratique" admis par la sélection d’embryons prévu dans le diagnostic préimplantatoire (DPI) . Il est préoccupé face à "la fabrication d’enfants sur mesure", au risque de "clonage social" issu d’une normalisation des génomes, et regrette que le désir d’enfant conduise à des revendications qui font entrer la médecine sur un terrain qui ne devrait pas être le sien. Pour Jacques Testart, les questions bioéthiques doivent faire face à des paramètres qui ne devraient pas relever de la médecine. Le premier est le désir d’enfant, qui pousse les couples impatients à recourir à la PMA alors qu’ils n’en n’ont pas besoin. Le deuxième réside dans les revendications égalitaires qui justifient, par exemple, la congélation d’ovules "puisque les hommes peuvent procréer sans limite d’âge, alors pourquoi pas les femmes ?". Idem pour les revendications des homosexuels, réclamant l’égalité de procréation avec les hétérosexuels, les célibataires avec les couples, les femmes âgées avec les jeunes, etc. "Je ne vois pas ce que la médecine, censée traiter les pathologies, à faire là dedans". La conception est une affaire privée et doit le rester précise Jacques Testart : sur la PMA pour les couples de femmes, qu’elles "se débrouillent" puisque l’insémination artificielle n’est "pas un acte médical compliqué". En revanche, il est contre la GPA, "c’est de l’esclavage". Sur l’anonymat des banques de sperme, il évoque le vocabulaire employé similaire à la "sélection pratiquée sur les bovins" ainsi que des pratiques opaques où la tentation de l’obsession de la "qualité de l’enfant" est bien réelle et "rappelle l’eugénisme".