Dans la fidélité au Concile Vatican II. La dimension herméneutique de la théologie morale

mercredi 20 mars 2013


Alain Thomasset - Editions du Cerf - Revue d’éthique et de théologie morale - 2011/1 - n° 263 - p. 31-61 & 2011/2 - n° 264 - p. 9-27


Le but de cette étude n’est pas de prendre position au sein de la querelle qui oppose la morale autonome à l’éthique de la foi, mais plutôt de montrer la dimension intrinsèquement herméneutique de la théologie morale, telle que Vatican II l’avait souhaitée, comme l’attestent les encycliques Gaudium et Spes, Dignitatis Humanae, Nostra Aetate, etc. Karl Rahner et, plus récemment, Christophe Theobald ont travaillé cet aspect de manière approfondie et pertinente. La théologie des signes des temps en constitue un axe fort ; et Gaudium et Spes contient une véritable méthode de théologie morale. Quant à Veritatis Splendor, elle a pu être présentée comme un texte sévère, fondé sur la morale de l’objet. Elle était en effet destinée à stigmatiser les dérives issues des mésusages de la liberté. Pour ce faire, Jean-Paul II proposa une compréhension de la notion de conscience, selon une lecture spécifique de la doctrine thomiste. Les réserves émises au sujet de l’option fondamentale ne semblent pas atteindre la plupart des auteurs visés. L’intention de l’agir reste au cœur de la controverse, et la conclusion de l’encyclique oriente vers une conception "intégraliste" de la foi.