Penser le vieillissement, entre pathologie et création

mercredi 20 mars 2013


Jean-Marc Talpin - Revue de culture contemporaine - tome 415/5 - juillet 2011 - p. 43


À propos du vieillissement, les discours ont toujours oscillé entre représentations péjoratives et idéalisation. Depuis le XIXe s. se construisent petit à petit des discours scientifiques sur le vieillissement, en tant que processus, et sur la vieillesse, en tant qu’état dont les bornes demeurent bien difficiles à établir. Le terme de vieillesse est tantôt défini selon des critères objectifs (un âge), tantôt selon les critères subjectifs ("il y a des jeunes qui sont vieux"), ce qui dit bien que le rapport aux objets "vieillissement" et "vieillesse" est chargé d’enjeux psychiques nombreux et contradictoires. Ainsi le vieillissement est-il tout à la fois objet d’études pour de multiples sciences (biologie, médecine, sociologie, démographie, histoire, économie, psychologie…), sujet de préoccupation pour la société en général et pour chaque individu en particulier. Après avoir exposé les principales représentations actuellement associées à la vieillesse et les avoir articulées aux enjeux psychiques individuels, j’aborderai la question de l’approche du vieillissement en psychologie clinique : pourquoi le vieillissement est-il un point de fixation de la négativité tant sur le plan des organisations psychiques individuelles que sur celui de ses théorisations ? Comment ne pas se laisser enfermer dans cette seule perspective en associant à cette négativité ce qui relève de la pulsion de vie dans ses formes tardives et parfois surprenantes ?