Ma vie dans le milieu gay

mercredi 20 mars 2013


Richard Oostrum, avec Hans Frinsel – Editions Ourania - Collection "Sur le vif" - 2010 - 200 p.*


Durant les derniers accords de ce grand final des Gay Games de New-York de 1994, j’étais totalement transporté ; des frissons parcouraient mon corps. Je savais alors que je n’allais pas en rester là : j’avais trouvé ma voie et le nouvel objectif de ma vie. On venait juste d’annoncer que les prochains Gay Games se dérouleraient à Amsterdam en 1998, dans ma ville. J’étais sûr d’y être et, mieux encore, j’allais passer les prochaines années à les promouvoir aux Pays-Bas. Je me sentais la passion d’un évangéliste pour proclamer ces Jeux. C’est comme si j’avais eu une vision me permettant d’imaginer comment les choses devaient prendre forme. Bien sûr, l’événement allait être différent de celui de New-York. Il serait teinté de l’atmosphère d’Amsterdam. L’échelle serait plus modeste en dimension et en nombre, mais l’événement serait pleinement enraciné dans la culture de la ville et ses célèbres canaux. Quelle ville européenne pouvait mieux convenir à la culture homosexuelle et quelle ville la tolérait autant qu’Amsterdam ? N’était-elle pas souvent appelée la "capitale gay" de l’Europe ?


C’est avec cet objectif en tête que je suis rentré en Hollande. Plus que jamais, je sentais que mon identité homosexuelle s’était affirmée. Je savais qui j’étais, à quoi j’appartenais et quelle direction ma vie allait prendre. Cette identité était bien plus qu’un simple mode de vie, il s’agissait maintenant d’une vocation et le message à délivrer était de défendre cette manière d’être.


Quatre ans plus tard, j’étais en effet bien présent aux Gay Games d’Amsterdam, mais pas en tant qu’athlète inscrit aux épreuves de natation, pas même en tant que prosélyte du style de vie homosexuel. Comment ma vie avait-elle pu changer aussi radicalement ? Est-ce que j’avais failli à mon destin ? Est-ce que j’avais raté la vocation vers laquelle je me dirigeais ?