Petite philosophie de la chirurgie

lundi 28 janvier 2013


Philippe Hubinois - Edition Encre marine – Collection Encr marine 2006 - 306 p. *


Cet ouvrage intéressera médecins, juristes et philosophes. Il est le fruit d’une trentaine d’années d’exercice de la chirurgie, à la fin du XXe s. et au début du XIe. Rendue possible par les progrès de l’informatique et des communications à la fin du siècle passé, la télé-médecine s’installe dans nos mœurs, tandis que la télé-chirurgie robot-assistée s’intègre à notre société technicienne. Si elles n’en sont encore qu’au stade expérimental de la "faisabilité", les tentatives effectuées à ce jour - où la commande humaine reste en l’état incontournable - ont le plus souvent réussi. L’évolution récente - comme un retour historique sur cinq siècles de découvertes médicales depuis la Renaissance en atteste - s’inscrit dans le droit fil de la médecine anatomoclinique. Mais elle n’est sans doute pas neutre au plan de l’éthique médicale ni à celui du droit médical. L’image formée sur l’écran télévisuel de contrôle du robot chirurgical pourra-t-elle un jour remplacer le regard et le toucher du praticien, autrefois directement portés sur l’individu ? Le chirurgien sera-t-il appelé dans le futur à devenir un pur technicien, muni d’un écran et de joysticks, allant de simulations virtuelles en interventions transcontinentales ? Dans la réalité, les progrès de la chirurgie, au cours des dernières années, se sont accompagnés pourtant de mises en cause judiciaires plus nombreuses pour les spécialistes qui la pratiquent. Et l’évolution récente du droit médical semble attester du fait que l’attente des patients dépasse très largement le seul souci de "réparation", ne se relâchant pas quant à l’importance ressentie du colloque singulier avec le professionnel de santé. Ce qui invite le chirurgien moderne à rester vigilant, entre désir et proximité, ne délaissant pas la clinique pour la seule technique.