Fin de vie, euthanasie et suicide assisté : une mise au point de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar)

mercredi 22 août 2012


Fin de vie, euthanasie et suicide assisté : une mise au point de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar)


Ce texte a été rédigé par le comité éthique de la Sfar (ICARE) qui réunit des médecins anesthésistes-réanimateurs, des médecins d’autres spécialités, des infirmières, des philosophes, des sociologues et des psychologues.Il a été validé par le Conseil d’Administration le 29 juin 2012.


Texte publié dans les Annales françaises d’anesthésie et de réanimation. Ann Fr Anesth Reanim 2012 ;31 : (doc à venir)


Résumé


Contexte : La prise en charge de la fin de vie constitue un enjeu sociétal crucial auquel le législateur a répondu par la loi du 22 avril 2005. Néanmoins, un débat émerge de la société civile sur l’opportunité de dépénaliser/légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté (E/SA). Cette question interroge directement les médecins, en particulier les anesthésistes-réanimateurs (AR).


Objectif : Mettre en perspective les concepts à partir d’une analyse de la littérature médicale et de l’expérience des pays qui ont légiféré sur E/SA.


Résultats : La loi du 22 avril 2005 constitue une réponse adaptée à l’essentiel des situations de fin de vie auxquelles est confronté l’AR. Sa force tient à l’obligation de dispenser des soins palliatifs quand les thérapeutiques devenues vaines sont interrompues. Néanmoins, les démarches d’accompagnement et de soins palliatifs sont introduites trop tard durant le cours des maladies fatales. Leur enseignement et des mesures incitatives fortes s’imposent. Les rares cas où E/SA sont demandés par les patients ou leurs proches résultent souvent de décisions non-prises en amont et/ou de traitements qui ne considèrent pas le patient dans sa globalité. La mise en oeuvre d’E/SA ne se résume pas à la simple affirmation d’un principe d’autonomie. Les procédures d’E/SA laissent entrevoir de réelles difficultés et des risques de dérives.


Conclusion :Nous formulons un message de prudence et de mesure. Peut-on répondre aux questions douloureuses de la fin de vie, de la souffrance morale, en supprimant le sujet lorsqu’une réelle démarche de soins palliatifs n’a pas été pleinement mise en oeuvre ?