Quelle re-construction du désir en fin de vie ?

vendredi 20 janvier 2012


R. LE BERRE - Éthique & Santé - Vol. 8 - n°2 - juin 2011 - p. 86-91*


Le désir s’incarne dans tous les moments de la vie de l’être humain. De la naissance à la mort, il nous concerne tous, nous interpelle tous. L’absence de désirs dans certaines circonstances nous pose problème : peut-on imaginer une vie sans désir ? Est-ce possible ? Dans ce sens, toute vie est aussi fondamentalement désir, donc traversée par le manque, par la privation d’un quelque chose que nous n’avons pas ou plus. Ce manque nous pousserait à agir, à espérer, à aimer : tout ce qui fait que nous nous sentons vivant. La notion de désir n’est donc pas seulement un objet de pensée : le désir se vit, s’incarne dans des corps vivants. Le temps vécu donne chair à ces désirs et sens à la vie. Le désir est aussi ancré dans un réseau de relations, dans un monde en mouvement et en interaction : dans ce monde, les besoins deviennent désirs. Le cas de la fin de vie nous interroge quant à la capacité de l’être humain de réévaluer ses désirs dans la perspective d’un temps limité, dans une autonomie apparemment entravée : le désir est une construction perpétuelle, une affirmation constante de l’homme au monde, un sens toujours à recréer.