Réflexions sur la toilette mortuaire : retour vers un partage du rituel

mardi 6 décembre 2011


G. Belouriez, A. Chanard, G. Gourmelon, M. Quere, A. Tallec, M. Vigouroux - Éthique & Santé - Éditions Elsevier Masson - Vol. 7 - n° 2 - juin 2010 - p. 82-87 *


Quelques membres de l’équipe de l’USP de XXX, quatre infirmières, une aide-soignante, la psychologue et un médecin ont mené une réflexion sur les rituels entourant la toilette mortuaire. Pourquoi avoir choisi de réfléchir à cette question ? Au centre hospitalier de XXX, lorsqu’un patient décède, ce sont les soignants qui restent en première ligne pour s’occuper de lui et accompagner la famille. Cet aspect est notable. En effet, dans les grands établissements hospitaliers, une fois le décès constaté, les corps sont conduits à la chambre mortuaire où les derniers soins sont réalisés. En revanche, à XXX, cette toilette est faite par un binôme aide-soignante/infirmière ou, plus souvent, aide-soignante/aide-soignante. À l’USP, c’est le binôme aide-soignante/infirmière qui s’en charge. Il y a quatre mois, le médecin responsable de l’USP et la psychologue se sont posé la question d’inclure les proches dans ce soin ultime. Or, faire une toilette mortuaire n’est pas un soin anodin. En majorité, cette idée a choqué. Néanmoins, quelques infirmières et aides-soignantes y avaient déjà songé. Ce moment a été le point de départ d’une réflexion sur les fonctions d’une toilette mortuaire, sur ses significations, sur les différentes manières de la réaliser, sur le vécu des soignants, sur la possibilité d’y inclure la famille et les proches… Un matériel important a été récolté. La recherche s’est révélée fructueuse et les échanges riches. Cependant, de manière à présenter un discours pertinent, le propos se limite à répondre aux questions suivantes. Comment apprêtait-on les morts en Basse-Bretagne au début du XXe siècle ? Comment procède-t-on aujourd’hui à l’hôpital ? Inviter les proches à participer est-il susceptible de favoriser le travail de deuil ? Quels sont les intérêts et les limites ? Quelles seraient les conditions d’un bon partage de ce rituel ?