Traité de bioéthique : vers une nouvelle utopie civilisatrice

vendredi 28 octobre 2011


Christian Byk, Éditeur Les Études Hospitalières, Bordeaux, 2011, 344 pages*


La bioéthique n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. Ce Traité de bioéthique s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit.


"La recherche d’un équilibre entre le possible et le souhaitable devient, au nom du rappel d’un impératif éthique propre à la nature humaine, le leitmotiv de la bioéthique, cette éthique appliquée aux sciences du vivant."


La société post-moderne est une société techno-scientifique qui semble affranchir l’homme de ses limites tout en le confrontant aux conséquences globales de ses actes. Les sciences de la vie suscitent ainsi une série d’espoirs et de craintes à l’origine de la réflexion bioéthique. En ouvrant de nouveaux champs de libertés mais aussi de responsabilité, la mise en application du savoir scientifique reconstruit l’organisation sociale : la famille, les liens de dépendance et de pouvoir. La formidable révolution du vivant réagit ainsi sur nos valeurs, nos institutions, mettant à l’épreuve leur capacité à maintenir le lien social.


À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), cet ouvrage pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette "reconstruction" du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage "technique" mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.


Magistrat, Christian Byk s’intéresse depuis les années 1980 à la bioéthique et à sa dimension normative et institutionnelle. Conseiller du secrétaire général du Conseil de l’Europe, il a élaboré le projet initial de Convention européenne sur la biomédecine et les droits de l’homme et participé à l’élaboration par l’Unesco de la Déclaration universelle sur la bioéthique. Il dirige l’Association internationale droit, éthique et science et le Journal international de bioéthique.