L’idée d’une éthique du vivant (vers une philosophie du soin)

vendredi 27 mai 2011

F. Worms - Éthique Santé - Éditions Elsevier Masson - Vol. 7 - n° 1 - mars 2010 - p. 8-11 *

L’idée d’une éthique du vivant, ici défendue, consiste dans un élargissement de l’éthique au vivant qui ne sacrifie pas la spécificité de principes éthiques rendus toujours nécessaires par leur violation même. Il faut en effet élargir l’éthique au vivant du côté des objets, dans toute leur diversité (de la recherche à la société), et du côté des sujets, dans toute leur fragilité (au-delà de l’autonomie au sens strict). Mais cet élargissement s’oppose à une fondation nouvelle ou à une application mécanique, dans la mesure où, tout à la fois, il suppose des principes éthiques (et politiques) ayant leur source dans l’expérience de la violation, de la liberté, de la loi, de la justice, et les confronte d’une manière toujours différente à la réalité et la vulnérabilité du vivant. Ainsi s’ouvre un champ de recherche au carrefour entre la philosophie morale et les enjeux appliqués, une véritable philosophie du soin.