Quand la théologie dialogue avec les sciences de la nature-

mercredi 27 avril 2011

Jean-Michel Maldamé - Revue d’éthique et de théologie morale n° 261 "Hors-série 7" - Éditions du Cerf - p.113-132 *

On peut s’étonner de l’absence de référence aux connaissances scientifiques dans le document de la Commission théologique internationale sur la loi naturelle. Ce que l’on entend aujourd’hui par "science" a considérablement bougé. Mentionnons le point de départ : fusion entre Athènes et Jérusalem, puis harmonie médiévale, science classique (Galilée, Descartes, Bacon). Descartes ne rejette pas l’idée que le monde soit imago Dei, mais sa réflexion repose sur la certitude que l’essence des choses ne peut être saisie. La science moderne a redécouvert les intuitions d’Épicure. L’itinéraire darwinien est intéressant pour comprendre les notions centrales de la philosophie de la nature. La vision évolutive résulte de la cosmologie scientifique. La cosmologie s’est muée en cosmogénèse. De nos jours, le maître mot n’est plus la nature mais le temps. Le primat du devenir est universel. Il est aléatoire et nouveau. L’étude du cerveau nous instruit sur les réflexions récentes. Conséquemment, les théologiens sont invités à penser une création continue ; les moralistes doivent accepter d’écouter des partenaires qui pensent autrement. Une typologie des relations (isomorphisme, homologie, analogie) nous aide à penser l’imitation de la nature par la morale. Celle-ci est avant tout analogique.