Euthanasie, l’ultime injustice



Robert Holcman - l’Harmattan - 2010 *


La question centrale soulevée par l’euthanasie est de savoir en quoi il serait justifié d’infliger la mort à quelqu’un qui est en mesure de se suicider. Le contexte social promeut la mort réussie comme indicateur d’une vie exemplaire, la mort volontaire comme le marqueur d’appartenance à une élite.


Pourtant, une éventuelle légalisation de l’euthanasie frapperait prioritairement les classes les moins favorisées : bénéficiant d’une espérance de vie sans incapacité moins longue, elles seraient davantage et plus précocement exposées à une mort anticipée. Loin d’être une conquête sociale, l’euthanasie est plutôt la résurgence sous une forme moderne d’une pratique ancestrale caractéristique des économies de subsistance qui incitent au décès anticipé des moins productifs.


C’est à ce titre que l’opportunité de sa légalisation doit être évaluée en fonction de l’intérêt général.


Ancien élève de l’École nationale de la Santé publique, docteur en sciences de gestion et habilité à diriger des recherches, Robert Holcman appartient au corps des directeurs d’hôpital public. Professeur d’université associé à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, il est l’auteur d’ouvrages et d’articles consacrés au management, à la protection sociale et à la gestion hospitalière.