Un type bien ne fait pas ça...



MORALE, ETHIQUE ET ITINERAIRE PERSONNEL


Axel Kahn - Nil - Paris - 2010 *


Le célèbre généticien, aujourd’hui président de l’université Paris-V, revisite dans ce nouvel ouvrage les fondements de sa réflexion éthique, à la lumière de sa propre vie. Il prévient d’emblée que l’éthique c’est [sa] "deuxième nature" et qu’il est "incapable d’être politiquement correct".


"Tu sais, Axel, un petit garçon bien ne peut pas dire ça." En citant cette phrase prononcée par son père, après qu’il eut, enfant, proféré une injure raciste, Axel Kahn nous fait découvrir, par des éléments biographiques fondamentaux, comment s’est forgée ce qu’il nomme son "édification morale". Nous comprenons mieux l’influence de sa famille et d’un père adoré, de ses frères, mais aussi d’une mère dont il découvrit la grande intelligence. vers la fin de sa vie.


Nous mesurons aussi l’influence d’une éducation chrétienne, puis de son engagement communiste ("camarade docteur", années 60-80). Ainsi que de son engagement tout court, en tant que médecin, notamment au service des urgences, et lors de son service militaire en Afrique. Face à la marée montante du phénomène de "génétisation" et de "biologisation" de la société, il faut offrir un rempart solide. Médecin devenu chercheur, puis personnalité scientifique très médiatique, Axel Kahn continue, à sa manière, d’être un rebelle, et de cultiver son indépendance d’esprit.


Son opposition à un certain discours scientiste, son affirmation que "la valeur scientifique d’une innovation ne la justifie pas sur le plan moral" (clonage thérapeutique), lui a certainement barré les portes de l’Académie, nous confie-t-il. En revanche, cela lui gagné le coeur des innombrables lecteurs et auditeurs de ses multiples conférences. En tant qu’intellectuel, il sait la responsabilité qu’il continue d’avoir en répondant aux questions très diverses qui inquiètent nos contemporains : faut-il condamner des mères porteuses ? comment lutter contre la "marchandisation" du corps humain ? que penser de l’euthanasie ?...


Au nom de la "réflexivité" (on ne fait pas à l’autre ce qu’on ne voudrait pas qu’on vous fasse à vous-même), son credo ne varie pas : "Ce qui m’importera toujours, c’est l’importance de l’autre, le combat pour la promotion de l’homme, contre sa stigmatisation."