L’accueil bienveillant et respectueux de l’enfant est un principe fondamental


Par Michel Aupetit


Edité par le groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique.

Le jeudi 26 février 2009
La naissance d’octuplés chez une femme seule de 33 ans, ayant déjà 6 enfants, pose en termes crus et cruels la question du droit à la parentalité. Ces grossesses multiples accompagnent les traitements de l’infertilité en raison de la stimulation ovarienne et des implantations multiples d’embryons conçus en éprouvette.
Quand une famille ou une mère se trouve naturellement dans cette situation, la société leur vient en aide au nom de la solidarité. Mais pourquoi créer artificiellement de telles conditions familiales ? Quel respect des enfants et de leur avenir cela suggère-t-il ?
D’un côté, on supprime avec l’IVG des enfants par centaines de mille, d’un autre on crée des situations aberrantes sans aucune prudence en fabriquant des embryons dont une grande partie sera  détruite sans égard pour leur humanité (embryons surnuméraires).
Dans tous les cas le seul motif invoqué est le désir des adultes.
Or, l’enfant n’est pas un droit comme le manger, le boire ou le logement. Il n’est pas un dû. Sinon il devient une marchandise monnayable, manufacturable et qui devra correspondre parfaitement au désir des parents, faute de quoi il sera supprimé (l’exemple des enfants trisomiques éliminés dans des détections anténatales ou cet exemple révélé par un pédiatre d’un couple de pianiste ayant demandé une interruption "médicale" de grossesse au prétexte que leur enfant avait le 5e doigt plus court l’illustrent tristement).
A la revendication des années 1960 "un enfant si je veux, quand je veux", il faut ajouter désormais : "je veux". L’enfant est un don et comme tel il doit être accueilli.
Aujourd’hui, les adultes, parents, médecins, politiques, s’octroient le droit de vie et de mort qui ne peut appartenir à personne, sinon à Dieu. Ils ont au contraire, le devoir d’accueillir, de faire grandir et de permettre à ceux qui rejoignent cette vie, de déployer toutes leurs potentialités qui ne sont pas que fonctionnelles, mais aussi relationnelles et riches d’humanité.
Il n’y a plus d’humanité lorsque la main mise sur autrui est la base de toute relation. Que ce soit dans l’amitié, dans l’amour conjugal ou dans la filiation, l’accueil bienveillant et respectueux est le principe fondamental de ce qui peut alors être qualifié d’humain. Nous savons par le Christ qu’il trouve sa source dans cette relation fondatrice entre Dieu et les hommes issue de l’Amour.
Père Michel Aupetit, médecin et vicaire général du diocèse de Paris.