Comment aider les couples à concevoir un enfant dans le respect de leur relation



Par Caroline Guindon


Edité par le groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique.


Le mardi 28 avril 2009 - L’Eglise s’est toujours profondément réjouie et a encouragé les progrès réalisés par la médecine dans la lutte contre l'infertilité. Les développements actuels de la "naprotechnolgie" en offrent un exemple parmi d’autres. En écho au billet d'Olivier Bonnewijn sur l'infertilité et le recours aux techniques de procréation médiale assistée, Caroline Guindon met en lumière la naprotechnologie.


L’instruction Dignitas Personae, parue le 12 décembre 2008, le rappelle: les techniques visant à l’élimination des obstacles à la fécondité naturelle, sont licites.


C’est précisément l’objectif de la méthode FertilityCare méthode naturelle de régulation des naissances) et de la naprotechnologie (abréviation de "Natural Procreative Technology") ou Procréation Naturelle Médicalement Assistée (1).


Qu'est-ce que la naprotechnologie?


A la différence des techniques d’assistance médicale à la procréation PMA qui contournent les causes de l’infertilité et se substituent à l’acte conjugal, la naprotechnologie recherche et traite les causes sous-jacentes de l’infertilité chez la femme comme chez l’homme pour permettre la conception lors d’un rapport sexuel normal.


L’objectif est donc d’aider les couples à concevoir leur propre enfant, mais pas à tout prix: pas au prix de la santé mentale et physique de la femme, de la relation de couple, de la destruction d’autres embryons ou de la dévalorisation de la personne de l’enfant à naître.


Les couples apprennent à détecter et noter leurs signes indicateurs de fertilité de manière précise et standardisée grâce à la méthode FertilityCare. Le médecin spécifiquement formé peut ensuite faire une évaluation plus approfondie du cycle féminin, afin d’identifier des troubles souvent non détectées par les examens gynécologiques courants.


En naprotechnologie, établir un diagnostic est essentiel! La synchronisation des examens complémentaires et des traitements avec chaque cycle individuel, par le biais du tableau de fertilité, est propre à la naprotechnologie. Il s’agit de traitements médicaux, hormonaux et non hormonaux, et si besoin chirurgicaux.


Corriger les anomalies du tableau de fertilité et les déficiences hormonales améliore la fertilité et diminue les risques de fausse couche. Une fois cela réalisé, la conception peut avoir lieu entre le 1er et le 12e cycle effectif de traitement. En moyenne, les couples achèvent l’évaluation diagnostique et le traitement entre le 18e et le 24e mois après la première consultation médicale, ou plus tôt s’il y a conception.


En Irlande, 800 grossesses menées à terme grâce à cette méthode.


La naprotechnologie convient pratiquement à tous les types de stérilité et de fausse couche (3). Elle traite aussi le syndrome prémenstruel, la dépression du post- partum et toutes les pathologies gynécologiques.


Elle est accessible en Irlande depuis 1998. A ce jour, environ 3000 couples ont été suivis et plus de 800 couples irlandais et anglais ont mené à terme une grossesse grâce à cette méthode. Le taux de succès brut est de 25, 5% et le taux ajusté (obtenu si tous les couples continuaient le programme pendant les 24 mois requis) est de 52, 8%. Le taux de succès réel se situe donc entre ces deux chiffres.


La probabilité de réussite est de 40 à 50% pour les femmes d’environ 35 ans essayant de concevoir depuis 5 ans. Elle est inférieure pour les femmes plus âgées, quand les adhérences pelviennes ou l’endométriose sont sévères, ou pour les hommes au taux de spermatozoïdes très bas.(Le taux de grossesses gémellaires est de 4, 5% environ.)


En cas de fausses couches à répétition, près de 80% des couples peuvent espérer mener à bien une grossesse. La naprotechnologie a traité avec succès des couples ayant eu jusqu’à 7, 8 ou 9 fausses couches auparavant.


Après échec de fécondation in vitro, le taux de succès est moindre, mais non négligeable: en 10 ans en Irlande, on compte 168 conceptions (dont 126 ont abouti à une naissance vivante) chez 136 couples ayant connu des échecs de FIV et essayant de concevoir depuis en moyenne 5, 7 ans. Le taux de fausse couche a donc été de 25%. La moyenne d’âge de ces femmes était de 37 ans et 44% d’entre elles avaient 38 ans ou plus. 46% d’entre elles n’avaient jamais conçu auparavant et 84% n’avaient jamais eu de naissance au préalable.


Caroline Guindon est médecin et membre de la Fraternité de Marie Reine Immaculée de l’Univers. Elle a exercé pendant 6 ans dans une unité de Soins Palliatifs en région parisienne. Elle exerce la naprotechnologie depuis septembre 2005 à la Fertility Clinic de la Galway Clinic, à Galway en Irlande.


La naprotechnologie a été mise au point par le Professeur T. W. Hilgers, gynécologue obstétricien à Omaha (Nebraska, USA), en association avec l’Université de Creighton. Il est spécialisé en Médecine de la Reproduction Humaine et membre permanent de l’Académie Pontificale pour la Vie.


Un article est paru récemment : "Outcomes from Treatment of Infertility with Natural Procreative Technology in an Irish General Practice"- Joseph B. Stanford, MD, MSPH, Tracey A. Parnell, MD and Phil C. Boyle, MB. Journal of the American Board of Family Medicine 21 (5): 375-384 (2008). Voir le site: www. jabfm. org ou http: