Cellules souches de sang de cordon et médecine regénérative.


Par Nico Forraz


Edité par le groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique.

Le jeudi 14 2009.
Le 21e siècle sera sans doute celui de la thérapie cellulaire et de la médecine régénérative (ou régénératrice): elles consistent à utiliser des cellules humaines afin de réparer ou d’améliorer les fonctions d’un organe endommagé. Aujourd'hui la recherche travaille sur des cellules souches qui sont d'origines différentes ; les résultats obtenus sont très hétérogènes selon les lignées suivantes.
Les cellules souches embryonnaires: elles sont en général produites à partir d’embryons humains dits "surnuméraires", suite à une fécondation in vitro. Elle entraîne la destruction d’embryons humains à des fins scientifiques voire thérapeutiques, et pose à ce titre de multiples controverses éthiques.


Les cellules souches "pluripotentes" induites, aussi appelées cellules "IPS", elles sont fabriquées en laboratoire à partir de cellules adultes comme les cellules de la peau.

Le génie génétique permet de transformer ces cellules adultes en cellules souches à des fins de recherche et peut être un jour pour soigner. L’efficacité de cette technique doit être encore améliorée et innocuité sur le long terme reste à confirmer.


Les cellules souches adultes, qui sont isolées à partir de tissus adultes tels que la moelle osseuse, les muscles ou bien les graisses qui gardent l’âge de leur donneur.


Les cellules souches du cordon ombilical et du sang placentaire, le cordon ombilical attaché au placenta contient deux artères et une veine dans lesquelles circulent le sang placentaire ou sang de cordon ombilical.


Ce sang de cordon contient de nombreuses cellules et en particulier les cellules souches sanguines dites "hématopoïétiques". Ces vaisseaux sont entourés dans le cordon par la gelée de Wharton.


Les cellules souches du sang placentaire sont utilisées depuis plus de vingt ans pour des greffes dites de "moelle osseuse" on utilise les cellules souches sanguines afin de reconstituer le système immunitaire ou sanguin d’un patient.


Des recherches prometteuses sur les cellules souches du sang de cordon et du cordon.


Notre groupe de recherche, et d’autres depuis, a démontré qu'il était possible en laboratoire d’obtenir une variété de tissu (les tissus nerveux, hépatiques, pancréatiques, osseux, cartilagineux, adipeux) à partir des cellules souches du sang de cordon ombilical et du cordon ombilical. Il est par exemple possible de créer des petit blocks de tissus nerveux ou de foie qui sur le court terme pourraient être utiles pour tester de nouveaux médicaments et sur le long terme permettraient d’offrir des pistes thérapeutiques pour des patients en souffrance cérébrale ou hépatique. De nouveaux essais thérapeutiques émergent dans ce domaine notamment pour le traitement d’enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale ou encore de diabète juvénile qui sont traités aux Etats Unis et bientôt en Allemagne pour des malformations cardiaques avec leurs propres cellules souches issues du cordon ombilical ou de son sang. Avec plus de 130 millions de naissances dans le monde chaque année et plus de 816 000 en France, le cordon ombilical et son sang forment un réservoir exceptionnel de cellules souches facilement accessibles et sans controverse éthique. En France il n’est possible de donner le sang de cordon ombilical de son enfant que dans quelques maternités affiliées à une banque publique en faisant un don anonyme et gratuit. Contrairement à la plupart des autres pays européens, la France n’a pas créé de cadre spécifique pour encadrer le développement de biobanques privées. Ainsi de plus en plus de parents font le choix de conserver le sang de cordon ombilical de leur enfant dans une biobanque privée à l’étranger pour une utilisation familiale. Une troisième voie de conservation "familiale solidaire" (développée par exemple par la biobanque Cryo-Save) permet aux parents qui le souhaitent de conserver de manière privée le sang de cordon ombilical de leur enfant avec la possibilité de mettre ces cellules à disposition d’un patient compatible.


Ces formidables progrès de la recherche et de la médecine ne pourront se développer que si le sang de cordon et le cordon ombilical ne sont plus considérés comme des déchets mais en donnant la possibilité aux parents de conserver ces cellules au sein de bio-banque spécialisées.


Docteur Nico et Professeur Colin McGUCKIN


EM Institut de Recherche en Thérapie, Saint-Priest, Rhône.