Participons aux Etats-Généraux !



Par Gildas Kerhuel - Edité par le groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique, le vendredi 13 mars 2009, 11:07


Depuis les premiers États généraux (avril 1302, sous Philippe le Bel, dans Notre Dame de Paris !), qu’il s’agisse des finances de l’État, d’une guerre à déclarer ou à finir, ou plus récemment de l’Enseignement supérieur, de la presse écrite, ou de l’Outre-mer…, le schéma est toujours le même : face à un problème important dans lequel on ne sait plus trop comment avancer la tenue d’Etats Généraux permet à chacun de donner son avis avant que les décisions ne soient prises.


Pour la bioéthique une première loi date de 1994, la seconde de 2004. Venant bientôt à échéance elle doit être reconduite. Autant en profiter pour la mettre à jour, la recherche avance si vite !


On aimerait en même temps une loi qui dure…. Mais ce n’est pas simple ! Le Conseil des ministres du 16 Juillet dernier a retenu sept sujets à traiter dont la liste se trouve sur cette page du blog, colonne de droite.


De la technique à la vie Dans chacun de ces domaines il y a des hommes, des femmes, avec leurs désirs, leurs attentes, leurs souffrances, leurs espoirs, la vie de chacun… entre bonheur et difficultés. Les scientifiques découvrent sans cesse de nouveaux procédés qui ouvrent de nouvelles perspectives. « Tout est permis mais tout n’est pas profitable » disait Saint Paul ! Qu’est-ce qui est bon, qu’est-ce qui est excessif ou biaisé ? Même si cela paraît bien à court terme, quelles seront les conséquences à long terme ? Et souvent il n’y a pas de marche arrière…


Une avancée technique peut cacher un recul en humanité. Ce qui met en jeu des questions de sens de la vie, de philosophie même, et d’éthique. Ces recherches et ces techniques ont aussi un coût qui se chiffre en millions. La pression de l’argent est forte ! Tout le monde pourra t-il en profiter ? De plus nous ne sommes pas sur la planète les plus à plaindre ! Les parlementaires, députés et sénateurs, s’attèleront à l’automne à la révision de cette Loi. Ils sont mandatés pour cela. Encore faut-il savoir dans quel sens aller et bien mesurer enjeux et conséquences au niveau individuel comme au niveau collectif. Les États généraux ont pour mission d’associer largement tous les Français à cette réflexion.


Comment s’y est-on pris ?


Un comité de pilotage a été mis en place début février présidé par Jean Léonetti. Le site internet des Etats généraux donne toutes les informations et recueille les avis de chacun et de chaque groupe. Participer aux Etats-Généraux est essentiel, non seulement en tant que citoyen, c’est notre devoir de français, mais aussi en tant que chrétien puisque notre foi au Christ nous pousse à apporter une contribution spécifique sur ces questions qui concernent tout le monde.


C’est dans cette perspective de formation et d’information que le groupe de travail constitué par les évêques sur la bioéthique a publié le livre « Bioéthique, propos pour un dialogue » et ouvert ce blog www.bioéthique.catholique.fr sur lequel vous lisez ces lignes.


Le DVD « La vie en questions » permet des animations de groupe. Si l’Eglise s’est préparée à ce débat depuis plus d’un an, c’est parce qu’elle croit à la suite du Christ à l’homme, à la vie et au bonheur, parce qu’elle admire tout ce que la recherche et les sciences peuvent permettre aujourd’hui et parce qu’elle mesure bien les enjeux et les risques de cette aventure. Elle connait aussi les pièges de l’émotion facile, les inégalités de chacun devant la vie et les artifices de nos sociétés…


Comment aider dans chaque cas à trouver son chemin ? Comment aller au coeur des choses ? Cela suppose un idéal ou une foi qui peut être différente selon les personnes. Des Etats-Généraux en trois étapes I. Nous sommes déjà au coeur de la première étape de ces États généraux. De février à mai les débats sont libres, à la discrétion de chacun.


Les comités éthiques des hôpitaux, quand ils existent, les associations, aumôneries, équipes de mouvement, paroisses ou diocèses qui le désirent peuvent organiser conférences, rencontres, débats, etc. avec pour premier objectif d’aider chacun à éclairer sa conscience, à dépasser des réactions purement émotives pour des démarches plus réfléchies et vraiment compatissantes.


Il s’agit aussi de favoriser des prises de consciences collectives pour que l’opinion publique prenne un peu de hauteur, ne se décide pas sur des arguments superficiels mais creuse au-delà des intérêts individuels les enjeux de société qu’entrainent ces questions de bioéthique. A retenir donc : pour participer aux Etats généraux, il faut mettre le résultat de toutes nos réflexions et les conclusions des rencontres auxquelles nous participons sur le site des Etats généraux II. La deuxième étape : trois « forums citoyens », en juin, à Marseille, Rennes et Strasbourg qui regrouperont un « panel » de personnes représentatives de la population française, préalablement formées sur ces sujets.


Ces débats voudraient mettre à jour « ce que pensent les français » sur différents sujets de la loi. III. Viendra alors une troisième étape : un grand « colloque national » à Paris, à la Maison de la chimie, le 23 juin, en présence du Président de la République, qui reprendra et synthétisera l’ensemble. Alain Graf, le rapporteur, remettra alors ce travail à la « mission parlementaire » qui a commandité ces états généraux. Il sera intégré à son rapport, en s’ajoutant aux multiples auditions en cours, pour alimenter en 2009-2010 le débat parlementaire lui-même, en phase, espérons-le, avec la réflexion de la société. Une fois la loi votée, les décrets d’application devront être promulgués, eux, … avant février 2011 !


Le Père Gildas Kerhuel est secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France.