La tentation de Capoue



Anthropologie du mariage et de la filiation - Mgr Anatrella - éditions Cujas - Paris - 2008 *


La France, l’ONU et l’homosexualité, par Mgr Tony Anatrella Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des Conseils pontificaux de la famille et pour la pastorale de la santé.


Un travail idéologique progresse « dans l’aveuglement des citoyens »


ROME, Mardi 9 décembre 2008 (ZENIT.org) - Aux côtés de plus de 150 Etats, le Saint-Siège dit "non" à la proposition française à l’ONU à propos de la "dépénalisation de l’homosexualité". Le représentant du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Celestino Migliore, et le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, ont pris position à ce sujet récemment (cf. Zenit du 2 décembre 2008). Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des Conseils pontificaux de la famille et pour la pastorale de la santé, auteur du livre : "La tentation de Capoue - anthropologie du mariage et de la filiation -" aux éditions Cujas (Paris 2008), explique les tenants et les aboutissants de la position de l’Eglise. Zenit - Mgr Anatrella, tout d’abord, une question de terminologie : la "Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles", assez méconnue, mais publiée par la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi en 1986, préconise de parler de "personnes homosexuelles" et non de l’adjectif substantivé "homosexuel", pour quelle raison ? Mgr Tony Anatrella - Les raisons en sont diverses. En premier lieu la personne humaine n’est pas réduite à ses actes, à ses orientations intimes plus ou moins mouvantes et à sa seule histoire passée. Elle dépasse toutes ces singularités qui peuvent varier selon son évolution personnelle. Le Christ nous dit que nous valons plus que ce que nous laissons apparaître de nous-mêmes. C’est pourquoi l’Église souligne la dignité de la personne humaine, sa liberté, son autonomie de conscience et le respect de ses droits et devoirs. La force humanisante du christianisme est de nous révéler les ressources psychiques, morales et spirituelles qui peuvent être mises en œuvre dans notre personnalité. Soulignons également que dans le passé, la terminologie utilisée pour désigner ces personnalités était liée à leur pratique contraire à la relation avec une personne de l’autre sexe. On parlait ainsi des sodomites, des invertis, des bougres pour ceux qui vivaient des actes sexuels entre personnes adultes de même sexe et des pédérastes avec des enfants ou des jeunes adolescents. C’est au dix-neuvième siècle qu’est apparu sous la plume des médecins le terme d’homosexualité. Étymologiquement il signifie la sexualité avec un semblable. Freud évoque ainsi une sexualité narcissique liée à la sexualité infantile - la sexualité première à partir de laquelle s’élabore une sexualité tournée vers d’autres objets que son propre corps et d’autres personnes que soi-même. Depuis les années 1960, ces personnes se désignent à travers le terme de "gays". L’origine de cette appellation provient des lieux de "gaieté" que sont les bars et les boîtes de nuit où se retrouvent ces personnes. Ainsi ce terme qui désignait des lieux est utilisé maintenant pour définir des personnes. Un déplacement sémantique qui laisse à penser, est devenu une catégorie politique. Étrange. …...http://www.zenit.org/article-19574?...